KENYA - ETHIOPIE : Nairobi - Addis Ababa (16 septembre - 15 octobre 2017)

En quittant Nairobi, nous avons le choix. Plein nord, en longeant le mont Kenya puis une longue traversée désertique pour arriver à Moyale. Ville frontière avec l'Ethiopie.
L'avantage de cet itinéraire est qu'il est goudronné, que la sortie du Kenya se fait aussi facilement que l'entrée en Ethiopie car il y a un poste frontière.

Mais nous avons préféré une sortie plus incertaine... Nous avons repéré sur notre carte une frontière plus à l'Ouest, coincée entre le Soudan du Sud et le lac Turkana.
Notre seule préoccupation est qu'il n'y a pas de poste frontière coté Kenya. Donc si nous ne sortons pas officiellement du Kenya, nous pouvons être embêté pour rentrer en Ethiopie.


Avant de quitter la capitale, nous allons donc poser la question au bureau d'immigration. La personne rencontrée, n'a aucune idée de la procédure à suivre.  Nous lui demandons alors de nous mettre un tampon de sortie du Kenya. Ce qu'elle fait immédiatement. En reprenant nos vélos, nous sommes des clandestins. Officiellement sortis du Kenya, nous n'avons pas vraiment droit à l'erreur.

La route qui nous mène à Nakaru est bien asphaltée. Nous avons de joli points de vues sur la vallée du Rift.


Preuve irréfutable de notre remontée, nous repassons en hémisphère nord.


Par contre, nous perdons le goudron qui laisse la place à une piste assez peu entretenue.


Nous commençons à croiser des tribus vêtues en habit traditionnel. Souvent un pagne autour des jambes, faisant penser à une mini-jupe et une coiffure surélevée d'une plume. Cela donne aux garçons une allure peu virile, mais le fusil porté en bandoulière n'incite pas à la moquerie.


La région n'est pas véritablement un havre de paix. Les différentes ethnies se volent le bétail, se brulent les champs et occasionnellement se tirent dessus. Certains arborent fièrement un collier prouvant qu'ils ont débarrassé l'autre communauté de l'un de ces membres.

A notre passage, nous ne ressentons aucune hostilité nous concernant. Mais l'armée qui patrouille dans la région nous conseille fortement de ne pas nous attarder, de dormir dans des endroits sécurisés. C'est ainsi que nous rencontrons Georges et son équipe.


Ils sont et font la police à proximité du village de Tot et acceptent que nous plantions notre tente à coté de leurs baraquements.


Quelques jours plus tard, ayant rejoint la grande route, ce sont encore les militaires qui nous interdisent le passage à vélo. Ils nous convoierons à bord d'un véhicule de l'armée sur 50 kilomètres pour éviter une zone ou les tensions sont assez fortes entre Pokots et Turkanas. Tous les véhicules que nous croisons sont d'ailleurs accompagnés par un militaire en arme.

Cela nous permet de rejoindre tranquillement la ville de Lochikar en évitant la poussière et le mauvais état de la piste.


Avant Lodwar, notre dernière ville Kenyane, on nous avait promis le retour du goudron. Effectivement, nous en avons aperçu quelques traces datant de l'occupation Anglaise....


A Lodwar, nous préparons la suite en faisant quelques provisions, car nous ne pensons pas trouver beaucoup de choses sur cette partie.


Encore un peu de goudron pour rejoindre le lac Turkana avant de laisser la place au sable. Longs passages à pousser le vélo,


à essayer de trouver de l'eau, qui est le principale problème de cette région désertique, malgré la proximité du lac salé Turkana.


Des trous dans le lit des rivières permettent l'approvisionnement aux villageois. Nous en profiterons également.


Cette partie du Kenya est un peu reculée, peu touristique. les contacts avec les Turkanas sont agréables. Souvent curieux de voir des blancs, surtout à vélo, venus s'aventurer par ici.


Tout au long du trajet, nous découvrons également des missions venues apporter leur aide aux habitants.

Nous dormirons d'ailleurs dans cet endroit peu probable situé au sommet d'une colline. Le père Evelino y a construit une guest-house, un terrain d'atterrissage, une église. Une petite usine de traitement de l'eau salée, des cultures....


Impressionnant une fois de plus.

Pour notre derniere nuit au Kenya, nous dormons chez les policiers. Baraquement en ruine, eau qui manque, pas d'électricité, chaleur étouffante.  Nous y passons une nuit. Eux sont relevés une fois par an.


Ils sont la pour garder cette partie entre Kenya et Ethiopie où les tribus se battent l'accès au lac.

Coincé entre le Soudan du Sud, le Kenya et l'Ethiopie, nous parcourons un no mans land en suivant de vulgaires traces de pneus.


Au passage des habitations Samburus,


les enfants s'enfuient en nous voyant.


Puis nous arrivons en Ethiopie. Enorme surprise. nous découvrons une nouvelle route toute bitumée. A Omoraté, le village frontière,


nous allons faire tamponner notre visa. Simple formalité. Finalement personne ne s'est inquiété de notre sortie précoce du Kenya, le tampon de sortie n'était pas nécessaire. Nous en profitons également pour changer nos derniers Shillings en Birr, la monnaie Ethiopienne, à un taux peu intéressant. Mais ici, il n'y a pas de banques et nous sommes content d'avoir trouvé un changeur, sinon, nous n'avions pas un sou pendant au moins une semaine.

Dans cette vallée de l'Omo, nous sommes émerveillés. Les tribus que nous côtoyons semblent sortis d'un reportage télévisé. Nous aurons la chance d'arriver un jour de marché au village de Turmi. Les Hamers viennent y vendre et acheter du grain, des animaux...


Plus loin, nous irons chercher de l'eau avec les Murcis, vêtus seulement de peintures corporelles. Tout au long de notre remontée, nous partagerons quelques moments avec ces habitants. Cela se fait dans un respect mutuel. Il est toujours impressionnant pour nous de serrer la main de ces personnes hautes en couleurs,


et demander à planter notre tente à coté d'une hutte.

Petit à petit, nous reprenons de l'altitude et quittons cette région incroyable.


A Konso, nous quittons les peuples du sud et entrons "vraiment" en Ethiopie.


C'est d'ailleurs ici que nous nous rendons compte que nous avons retrouvé la conduite à droite......(après presque 400 km)

Nous avions déjà lu des blogs de voyageurs à vélo sur la difficulté de pédaler en Ethiopie du fait de l'agressivité des gamins au bord des routes.... Mais entre le lire et le vivre....
Vraiment dur. Il ne se passe pas un kilomètre sans tomber sur ces abrutis qui nous courent après, qui lancent des cailloux, qui essayent de nous faire tomber.


Autant nous arrivons "presque" à pardonner aux enfants, que la bêtise des ados et adultes nous rend parfois fous.
Au jeu du plus con, ils ont une longueur d'avance, mais nous avons quand même gagné quelques belles parties. Comme ces crétins à mobylette, trop occupés à voir comment ils pouvaient nous mettre un coup de pied dans la roue avant et qui se sont mangé un camion arrêté au bord de la route.
Cet abruti à vélo, vociférant des insultes et qui n'a toujours pas compris comment il s'est retrouvé dans une mare d'eau bien boueuse.
A Sodo, cet homme habillé en costume gris, chemise rose, chaussures brillantes, qui n'arrêtait pas de toucher aux vélos, de nous taper sur l'épaule en réclamant "Money, Money" alors que nous étions occupés, s'est pris une claque dont il ne doit pas se vanter.

Car la bêtise n'est pas l'apanage des enfants où des paysans du bord de route. Elle est partout.... Pas une minute sans entendre "Faranji, money, money" des milliers de "you, you, you" qui nous vrillent les tympans à longueur de journée, des jets de pierres, qui heureusement n'atteignent qu'exceptionnellement leur cible, c'est à dire nous,  des tirages de sacoches, des danses ridicules au milieu de la route, des barrières humaines pour nous impressionner.....


Nous avons beau nous convaincre que nous avons les mêmes en hexagone, lors du "Tour de France", qui gueulent, courent, se déguisent, brandissent des mains géantes, essayent de toucher le cycliste. Nous comparer aux champions n'est qu'un faible soulagement.
A la fin, nous essayons de les ignorer, ne faisons même plus l'effort de sourire ou de répondre. Ils nous épuisent


Heureusement, nous avons croisé quelques, très rares, personnes intéressantes avec qui nous avons pu échanger, dialoguer ou partager un repas.


Pour le reste, nous avons roulé et atteint la capitale Addis Ababa plus rapidement que prévu. Pas envie de s'attarder, de faire du tourisme.

Bon point tout de même, les routes sont peu fréquentées


et les conducteurs sont respectueux, voire compatissant avec nos écarts pour éviter un bâton ou une main tendue.


Ici à la capitale nous avons trouvé une petite pension dans le quartier populaire de "Piazza".
Nous avons boycotté les hôtels mieux équipés et correspondant aux normes occidentales, car ils pratiquent des tarifs "locaux" et "étrangers".
Nous qui pensions nous faire un peu plaisir....






KENYA : Moshi - Nairobi (7 septembre - 15 septembre 2017)

Juste avant de quitter Moshi, le Kilimonjaro nous apparait. Vision furtive de quelques minutes avant que les nuages s'installent de nouveau.


Comme prévu, nous partons vers l'Est pour contourner le plus haut sommet d'Afrique. La route est sympathique, peut fréquentée, étroite, goudronnée.


Rapidement nous atteignons le poste frontière. Obtention du visa contre 50 USD chacun, assez rapidement. Une fois de plus, il nous fallut trouver les douaniers absents de leurs bureaux.


Coté Kenya, paysage complètement différent.


A nouveau du bush. Nous n'apercevons pas le Kili qui reste caché sous les nuages, mais pouvons voir des girafes,


des gazelles...


Quand nous rejoignons le grand axe Mombassa - Nairobi, il nous reste 120 kilomètres à parcourir. Intense du fait du trafic très nombreux, de l'absence de bas coté.. Nous sommes constamment sur nos gardes, l'oeuil rivé au rétroviseur. 


Le dernier jour, nous effectuions seulement 30 kilomètres, mais arriverons épuisés et tendus nerveusement. Rapidement nous cherchons un hébergement. Le camping est une fois de plus bien plus cher qu'un hôtel de base. Nous trouverons donc une petite Guest House  dans un quartier animé de Nairobi, pas loin du centre et à une portée de roues de l'ambassade d'Ethiopie.


Car, si nous passons par la capitale, c'est bien que nous y sommes obligés. Il nous faut faire la demande du visa Ethiopien. 

D'après ce que nous avons pu lire ou entendre, cela ne va pas être facile. Sur le site du "Lonely Planet", il est d'ailleurs précisé 


Si vous arrivez du Kenya

Au moment où nous rédigions ces lignes, l’ambassade éthiopienne de Nairobi ne délivrait des visas qu’aux citoyens ou résidents kenyans. Cela n’est pas un problème si vous prévoyez de rejoindre Addis-Abeba en avion, la plupart des visiteurs obtenant leur visa à l’arrivée à l’aéroport. En revanche, cela vous compliquera beaucoup la vie si vous comptez entrer en Ethiopie par la voie terrestre : vous devrez alors prendre vos dispositions pour vous procurer ce visa dans un autre pays d’Afrique. Notez également qu’aucun visa n’est délivré au poste-frontière de Moyale.

Le jeu pouvait donc commencer. 

Il faudrait un article seulement sur cette demande de visa. Les situations irréelles, les dialogues de deux mondes parallèles, les portes qui claquent, qui s'ouvrent...

Mais pour résumer, après de très nombreux AR avec l'ambassade, au point que les gardiens ne nous contrôlaient plus, nous avons notre visa en poche pour 90 jours. 

Seul bémol, le compte à rebours des jours à commencé le jour de l'obtention du précieux sésame. Nous ne pouvons donc pas trop trainer au Kenya. 

Nous avons notre itinéraire en tête. Ce matin nous enfourchons les vélos pour quitter cette ville beaucoup trop encombrée pour nous.







TANZANIE : Mbeya - Moshi (15 août - 6 septembre 2017)

2 jours furent suffisant à Mbeya pour nous retaper la panse à grand coup de frites, que l’on nomme ici : Chipsis.


Nous quittâmes donc notre première ville Tanzanienne par un bel asphalte et une journée ensoleillée. Le long serpent de bitume devait nous monter à des altitudes Galibiéenne, nous laissant dominer de basses plaines surchauffées.


A Chunya le goudron nous abandonna. Nous ne devions le revoir que 500 kilomètres plus au nord.


Notre progression allait donc ce faire sur une piste en mauvais état. Un peu trop sablonneuse et/ou caillouteuse à notre goût.


Au village de Uptembo nous trouvâmes une Guest House (Gesti en swahili) au centre du village. Les tenanciers de l’auberge étaient tellement imbibés de bière locale que nous dûmes nous débrouiller tous seuls pour trouver une chambre, les toilettes et faire fonctionner la machine à fournir l’eau chaude. (Une espèce de samovar fonctionnant au feu de bois).

Pour le prix, il était indiqué. 5000 TSH (2 euros) La simple, 10 000 TSH la double. Nous prîmes la simple, le lit étant assez grand pour nous y caser tous les 2.


La piste, bien que peu soignée, était plaisante. Partout nous croisions de petits hameaux pleins de vie. Regroupement de femmes autour du point d’eau et assemblée d’hommes autour du billard, ce qui avait, à chaque fois, le don d’énerver Patricia.



Idem pour les charges lourdes. Les femmes transportant 50 litres d’eau, de légumes ou de n’importe quoi d’autres (je me rappelle avoir vue une dame porter un compresseur) sur la tête, les hommes suivant derrière poussant un vélo et 2 poulets accrochés au guidon, ou, pour le cas du compresseur, les fils électriques.


La sortie des écoles, bien que ne sachant toujours pas quelle est l’heure de sortie ou d’entrée, vu qu’à tout moment et dans tous les sens nous croisons des écoliers, est également toujours un moment vivant. Le plaisir des élèves semblant être de courir après les cyclo voyageurs. Toujours dans la bonne humeur.



A Kambikatoto nous demandâmes au bar où se trouvait la « Gesti ».  Un homme se présentant comme le propriétaire nous emmena sur sa moto pour nous montrer l’endroit. L’occasion de faire 200 mètres, aller retour, à 3 sur la bécane. Après avoir récupéré nos propres machines, payé le tarif devenu habituel (5 000 TSH), nous dûmes remplir le registre. En plus des noms prénoms, il fallut indiquer à quelle tribu nous appartenions. J’inscrivis « Cyclo-errant », ce qui convînt au tenancier.


L’approvisionnement en eau étant problématique dans cette partie de la Tanzanie, nous prîmes l’habitude de nous approvisionner dès que possible. Notre repère, le défilé de femmes et enfants avec un sceau sur le sommet du crâne. 


Toujours un bon moment de rigolade, personne ne semblant comprendre que nous aussi, voulions profiter du puits ou de la pompe pour remplir notre poche à eau. Comme si nous venions au point d’eau pour faire un tennis, aurait dit Bigard. A moins que ce ne soit la petitesse de notre sac à eau, 6 litres tout de même, qui fasse sourire. Une fois l’étonnement passé, nous fûmes toujours conviés à remonter la file impressionnante de récipients en attente d’être remplis. Merci pour votre gentillesse mesdames.
Une fois je m’étais essayé au lancé de seau au fond du puits….. Je ne remontais jamais un seau plein. Une autre fois, à une pompe, les habituées étaient venues à mon secours, (petite humiliation) pour m’expliquer comment actionner le bras de pompe. Apparemment je n’étais pas assez énergique, et ne sortait du bec qu’un mince filet d’eau.
Au village de Matendi, ne voyant personne avec une réserve d’eau sur la tête, nous demandâmes au gérant du hardware tout proche où se trouvait le point d’eau.. Il nous expliqua que c’était loin, qu’ici il n’y avait pas d’eau. Il nous permit néanmoins de nous servir de sa propre réserve. En fait, le point d’eau, se trouvait un peu en retrait non loin de l’école à quelques centaines de mètres de l’endroit où nous avions posé la question. Nous comprîmes très vite que les hommes ne devaient pas être questionnés sur ce sujet. Car ce ne fut, hélas, pas un cas isolé.

Sur cette piste, les jours se suivirent et se ressemblèrent. Quasiment à l’identique chaque jour. Les villages étaient nombreux, bien qu’aucun ne fussent indiqué sur notre carte.



Arrêt de 10 heures pour une pause soda, souvent chaud, l’électricité étant un luxe que peu de personnes ne possédaient. Arrêt de midi pour manger des frites, souvent froides et un cola toujours chaud. En fait, pour manger nos patates chaudes, il nous aurait fallut les commander avec une omelette. Cette dernière étant cuite et versée sur les chipsis.  Ce que nous fîmes par la suite, montant ainsi le prix de 1000 TSH à 1500 TSH (0, 60 Cts) l’assiette.



Sur cette portion nous avons très peu bivouaqué. La seule fois ou nous avons planté la tente, pour plus de confort, dirait Patricia, il plut….


A Rungwa, un ranger du parc national éponyme, nous invita chez lui pour le souper. Ce gigantesque parc était un peu délaissé par le tourisme. Les rangers locaux avaient le projet  de développer un tourisme différent, en aménageant un circuit pédestre, accompagné par des professionnels en arme.
Une partie du parc était une « Game » réserve. On pouvait y chasser le lion ou l’éléphant pour quelques milliers de dollars.  (15 000 USD pour un lion). Les tours opérateurs spécialisés affichaient complet sur plusieurs années… Les clients ne voulant que le trophée, la viande nourrissait les rangers. Ce soir là, nous mangeâmes de l’Antilope.
Nous reprîmes la piste scrutant avec attention les fourrés, car d’après notre hôte, les lions et autres « Wild life » étaient abondants sur cette portion jouxtant le parc. Nous ne vîmes aucune trace, pas même une éléphantesque bouse. Par contre, les mouches Tsé-Tsé nous accompagnèrent, rendant assez pénible la progression. Nous obligeant à tenir d’une main le guidon et chasser les bestioles de l’autre.

Au village de Mitundu il semblait y avoir une auberge par habitant. Chaque mur possédait la mention hôtel ou Guest House.



Trouvant cela louche, nous décidâmes de nous réfugier dans la cour d’une école. C’était en fait une congrégation de religieuses. Nous fûmes chaleureusement accueillit avec gâteau et jus de baobab. Avant de faire le tour du propriétaire. Une école secondaire récemment construite, une école primaire plus ancienne et un jardin d’enfant. S’ajoutant à cela une maternité, un petit centre de soin et une blanchisserie.



Après nous avoir installés dans nos quartiers tout confort,  chambre privée, avec douche chaude, nous continuâmes la visite par les jardins regorgeants de légumes, les vergers croulant sous de généreux fruits, les étables avec, vaches, cochons et autres gallinacés attendant de fournir lait et viandes à la communauté. Les champs de maïs avaient étés moissonnés. Sœur Marianne qui conduisait la visite était une des pionnière de cette congrégation en Tanzanie. Arrivée de son Autriche natale il y a plus de 30 années, avec quelques personnes, ils avaient débroussaillés creusés des puits, érigés des bâtiments. Ne  vivait alors ici qu’une famille et des animaux sauvages en grand nombre. Aujourd’hui le centre est entouré d’un village. La maternité ne désemplie pas avec 10 naissances par jour, les élèves viennent de toute la Tanzanie pour suivre les cours dispensés par des sœurs, toutes au minimum bilingues. 



Pour notre part, nous profitâmes de ce havre de fraicheur et de tranquillité. Les frangines furent aux petits soins avec nous. Repas abondant des produits de la ferme, que nous ne prenions jamais en leur compagnie, mais seuls dans une petite salle à part, gâteaux maison, confitures…
Nous y étions tellement bien que nous y restâmes 2 jours complets.
Un soir, on nous convia à une messe. Pas que cela nous enchanta outre mesure, mais nous sommes des gens bien élevés et du coup acceptâmes.
Patricia m’ayant rapidement briefé sur comment faire, au cas ou, un signe de croix, nous entrâmes dans l’église. Déjà toutes les soeurs (environ 80) s’y trouvaient. Une messe bien surprenante. Chants, danses, Jumbé, tambourins.  Ambiance Oktober-fest avec les oscillations de droite à gauche, les cris qui s’envolent… Seuls quelques prêches en Swahili  pour calmer les ardeurs.
Rien à envier à nos messes qui ne sont même plus en latin.
Bien content de notre expérience, nous continuâmes notre route, scrutant les bornes pour y trouver le signe d’autres congrégations. C’est ainsi qu’à Itigi, nous atterrîmes chez les adorateurs de Saint Gaspard. Organisation différente, seul un hôpital et un petit hôtel. Nous y passâmes la nuit.
A Mkiwa, nouvelle mission. Identique à la première. Ecoles, maternité. Ici nous sommes chez les Ursulines. Congrégation Italienne. Accueil identique. Plus que chaleureux. Heureuses de rencontrer le monde extérieur ? La sœur qui nous couvât était jeune, avide de questions sur tous les sujets. Pas sur que la mère supérieure acquiesçât, mais nous ne cafterons pas…
Une fois de plus, repas gargantuesque avec les produits du jardin puis retour dans notre chambre rien que pour nous.
Le lendemain, nous quittâmes la mission de bonne heure. Un bitume parfait nous emmena en 90 km à Singida. Nous retrouvâmes le trafic routier et sa cohorte de camions. Au kilomètre 75, un semi-remorque de produits pétrolier gisait sur le coté. Des bidons récupéraient le précieux liquide, à un euro le litre, qui s’échappait de la cuve. Le gardien (il y a toujours un gardien pour les véhicules en panne ou accidentés), était allongé à l’ombre de la future carcasse et fumait tranquillement. Nous appuyâmes sur les pédales.
Nous profitâmes du bas coté nous protégeant des véhicules pour rêvasser et réviser notre code de la route….




A Singida nous avisâmes un bel hôtel pour y séjourner 3 nuits.  Classe. Grande chambre, TV, SDB privée. Par contre, l’eau et l’électricité étaient régulièrement coupées. 


2 lacs ceinturent Singida. Lacs salés, entourés de rochers,  accueillant des flamants roses et autres oiseaux que nous ne vîmes pas. Seuls quelques trous servant à collecter le sel et de tranquilles bergers semblaient habiter les lieux.


A l’aube du 3ème jour, nous prîmes la route en direction du nord. Le vent était violent, nous obligeant à peiner dans les nombreuses montées et à pédaler dans les trop courtes descentes. Coté circulation, peu de monde et un large bas coté.


Katesh accueillait son immense marché mensuel. Bien que le soir commençât à tomber, nous y fîmes un rapide tour, avant de nous trouver un hébergement. Toujours une ambiance bien particulière dans ces foires à bestiaux, légumes et autres produits manufacturés. 


On pouvait y détecter au moins une dizaine de dialectes différents. Cela se bousculait dans les allées trop étroites que les étales débordants semblaient rétrécir encore un peu plus. Nous suivîmes une matrone qui se frayait un chemin à grand coup de mamelles. Un nouveau né essayait tant bien que mal de se nourrir, tandis que que son ainé, bien sanglé sur le dos de sa mère, semblait dormir.



Babati est situé au pied du mont Hanang.


Il nous avait servi de repère toute la journée. Nous y passâmes la nuit. Le lendemain les températures avaient chutés de quelques degrés et le mont n’était plus visible.


Nous étions bien en t-shirt, tandis que les autochtones évoluaient enroulés dans des étoffes aux couleurs chatoyantes, souvent à carreaux, et le bonnet enfoncé jusqu’au cou.
A Makuyuni, nous descendîmes à l’auberge « De Luxe ». Elle n’en portait que le nom, mais le prix correspondait au tarif habituel. Nous étions dans la vallée du Rift.


Les paysages avaient changés, nous pouvions de nouveau voir des baobabs,


des lacs, des champs cultivés et de très nombreux troupeaux de vaches et chèvres.


La région est peuplée par les Massaïs. 


Facilement reconnaissable à leurs habits, mais également à leur grandeur. Alors que nous étions installés à un bar, nous pûmes dévisager (c’était réciproque), les femmes assises autour de nous. La plus petite me dépassait d’une tête. De lourdes boucles d’oreilles leurs laissaient un lobe auriculaire béant. 


A leurs pieds, des chaussures en pneus.


Au village de Nanja, nous fîmes notre pause boisson habituelle. C’était un village Massaï. Très accueillant, les habitants nous installèrent des chaises pour que nous puissions déguster notre soda confortablement. Devant l’intérêt porté à nos montures, je proposais à un homme d’essayer la machine. Il se vautra lamentablement. Heureusement plus de peur que de mal. Il faut dire que leur « robe » ne facilite pas le pédalage et que le terrain n’était pas des plus favorables.


Duka Bovu, abritait un camping. Nous devions y retrouver un couple Belge rencontré la veille et qui traversait l’Afrique au volant d’un camping truck de 33 tonnes. A notre arrivée le camping était rempli d’overlander, mais il n’y avait aucune trace des Belges. L’endroit abritait également un « snake park ». Le tarif nous fit plus mal qu’une morsure de ses serpents. Du coup, nous nous installâmes au village dans une de nos auberges préférées. La différence de prix pour dormir au frais dans un lit ou sous la tente et sans ombre nous payât l’largement nos repas et les bracelets que s’offrit Patricia.  Les Belges avaient du recevoir la même décharge que nous et enclencher une vitesse.
Nous n’étions qu’à 27 Kilomètres d’Arusha. Camp de base pour visiter les parcs nationaux du Serengeti, Ngorongoro et Mont Meru. A peine arrivés, les rabatteurs pour safaris nous harcelèrent. Nous arrivâmes néanmoins à nous en débarrasser et trouver un hôtel sympa. Le soir nous dinâmes avec Nico, un Français voyageant en moto sur Africa Twin 650. (souvenirs-souvenirs…)


Au marché, on voulut nous guider, nous expliquer, nous vendre des souvenirs, des safaris, nettoyer nos chaussures, nous faire payer pour voir des poulets, nous extorquer 1 dollar pour porter nos bananes…. Un tantinet usant, mais cela fait parti du jeu.


Par l’intermédiaire de Janie (fidèle lectrice et amie), nous étions attendus dans la campagne d’Arusha par Salim. Une rencontre vraiment sympathique. Durant 2 jours, nous fûmes choyés par cette adorable famille.

Un matin avec Brahim, le fils cadet, nous découvrîmes les alentours de USA River. 

L’après midi même, je tentais d’initier le jeune garçon aux joies du vélo. Pas sur d’avoir réussi, car j’oubliais juste, que le village est situé au pied du Mont Meru... Juchés sur nos vélos (celui de Patricia pour mon apprenti cycliste) nous bataillâmes sur des pistes trop raides et trop caillouteuses. Poussant à la montée, retenant à la descente. Le tout, sans apercevoir une seule fois la montagne, pourtant toute proche, mais recouverte par une épaisse couverture nuageuse.
Bien reposés, nous quittâmes nos hôtes pour nous diriger vers le sommet de l’Afrique. Nous nous arrêtâmes à Moshi, camp de base citadin du Kilimonjaro. Notre hôtel offrait une vue imprenable sur la montagne… Paraît il. Car comme depuis maintenant une bonne semaine, le ciel ne voulait pas se débarrasser de ses nuages, qui en plus de bloquer la vue rendait l’atmosphère lourde et humide.
Nous restâmes 2 jours à Moshi, dans l’espoir d’apercevoir les neiges du Kilimonjro. Sans succès.

Peut être demain ? Dans tous les cas, nous reprenons la route direction le Kenya, en contournant le Kili par l'Est.