ARGENTINE : Ushuaïa - Buenos Aires (21 janvier - 5 février 2017)

Nous quittons Ushuaïa sous un ciel gris chargé d'humidité.


Le vent est à faveur. Nous roulons avec Allix et Nansc ce jeune couple de Français rencontrés à plusieurs reprises. Chaque fois nous n'avons partagé que des collations.


Cette fois, nous partageons la route.

En une bonne journée de vélo, nous rejoignons Tolhuin et son fameux refuge pour voyageurs. Comme de vieux habitués, nous nous installons sans passer par la case boulangerie..


Encore plus de cyclistes que lors de notre passage aller.


Nous y retrouvons nos anciens compagnons de routes. Iesou, Eneida, Rapha, Steve, Andrea, Maya, ainsi qu'une bonne dizaine d'autres que nous n'avions pas eu la chance de croiser. Comme toujours, l'ambiance est bonne. Chacun ici, commençant ou terminant une partie de son périple.

Une journée de repos pour nous gaver de pâtisseries, avant de reprendre la route. Nos amis Nans et Allix sont déjà repartis avec l'intention de s'essayer au "vélo-stop".

Pour rejoindre Rio Grande, distant de 120 km, il nous suffira d'une seule journée avec un bon vent de dos.

Par contre, le lendemain, ce n'est plus pareil, le vent à tourné.. Nous avançons plus que péniblement sur cette Ruta 3. Pour notre plus grand bonheur, un camion nous double et nous fait signe qu'il peut charger les vélos. Nous acceptons sans poser de questions, car depuis un moment, nous rêvions de ce scénario.


Un lift de 50 km jusqu'à la frontière Chilienne. Notre chauffeur nous y dépose avant de continuer sa route dans une autre direction.


En quittant l'Argentine, nous retrouvons la route en ripio avec beaucoup de poussière.


Le vent n'a pas cessé et nous parcourons péniblement 20 km dans l'après midi avant de trouver un abri providentiel


nous permettant de monter la tente.


Avant Cerro Sombrero, le goudron réapparaît, ce qui facilite un peu la progression. Nouvelle nuit dans un refugio de bord de route. Celui ci est bien emménagé.


En prenant le ferry pour traverser le détroit de Magellan, nous laissons la terre de feu derrière nous.


Encore une journée à batailler contre le vent et à chercher un abri pour la nuit. Nous ne pouvons pas planter la tente qui s'envolerait ou se briserait immédiatement. A la nuit tombée, nous repérons une maison dans les terres ou nous installons notre couchage bien à l'abri.


Encore quelques heures de pédalage. Au programme, pampa et Guanacos.


A Rio Gallegos, nous faisons halte au camping. Le vent a eu raison de notre volonté. Nous abandonnons l'idée de remonter par la Ruta 3 et réservons un billet d'avion. Tarifs super attractifs pour rejoindre la capitale. Nous devons patienter jusqu'à mercredi. Aucun problème pour nous, qui sommes les seuls occupants du camping.


Nans, Allix et Maya se trouvent également en ville. Pour les 2 premiers le stop n'a pas marché et nous avons pédalé sur la même route à une journée de distance..... Maya elle a pris un bus.

Nous partageons une dernière fois un repas, avant que nos routes ne se séparent. Nos 3 compagnons vont se diriger vers l'Est pour rejoindre le Chili en bus.

Y a des jours comme ça....

L'heure du départ approche. Impossible de trouver des cartons vélos dans la ville. Péniblement nous dénichons de grands cartons en mauvais états que nous fixons sur le vélo avant de nous rendre à l'aéroport. Le vol est prévu à 3 heures du matin.... Nous partons de bonne heure car il fait nuit plus tôt et pour nous laisser le temps d'emballer correctement nos montures...


C'était sans compter sur un vent de face incroyablement puissant. Avec les cartons faisant une bonne prise d'air, il faut forcer plus que de raisonnable... C'est comme cela que je casse le dérailleur arrière qui vient se coincer dans la roue. La chaine ne résiste pas non plus.  Nous avons parcouru moins d'un kilomètre. Plutôt que de finir à pieds sur cette route interdite aux piétons et vélos, je me lance dans une réparation de fortune en raccourcissant la chaine.  Opération réussie, même si le dérive chaine ne connaitra jamais Buenos Aires....

L'aéroport de Rio Gallegos est minuscule. Nous sommes les seuls. Ce qui nous permet de nous étaler pour démonter et emballer les vélos.  Le résultat final n'est pas si mal....

Au moment de l'enregistrement, l'hôtesse n'est pas très cool avec nos bagages. C'est vrai que nous dépassons le poids autorisé et que nos vélos sont plus grands que les dimensions standards..  Malgré nos vaines négociations, nous écopons d'une surcharge de bagages. L'hôtesse voyant en nous de potentiels fraudeurs, nous devons également peser nos bagages à main. Nouveau verdict... 12 kg par rapport aux 8 autorisés..... Heureusement, elle ne dit rien.

Arrivée à Buenos Aires 3 heures plus tard. Le voyage c'est bien passé et les vélos sont arrivés entiers...


Nous venons d'éviter 3 jours de bus ou 2 mois de vélo.

Buenos Aires



En urgence, nous quittons doudoune, pantalon, bonnet, pour t-shirt, short et tongs. Nous arrivons dans une fournaise de 30 degrés. De quoi déjà regretter la Patagonie.

Nous sommes hébergés au centre de la capitale par Julieta et Matis. Un jeune couple vraiment charmant et agréable. Peu présents de par leur travail, ils nous laissent les clés de l'appart, nous laissant une autonomie totale.

Nous y restons 5 jours complets à découvrir les différents quartiers. San Telmo et son héroïne Mafalda,


El Centro, quartier d'affaires,


maison rose (l'équivalent de la maison blanche),


Puerto Madero, rénové et moderne,


La Boca, ses rues colorées,


son stade mondialement connu...


et sa passion pour le foot.


Le dimanche, nous retrouvons Pascal, un cyclo Suisse que nous avons rencontré à plusieurs reprises. Autour d'une bonne table nous devisons sur nos parcours respectifs et sur l'itinéraire devant nous ramener dans la vieille Europe. 

Demain, lundi, nous quitterons la ville et nos nouveaux amis en prenant un ferry pour l'Uruguay tout proche. Cela nous semble plus facile que de nous perdre dans les faubourgs tentaculaires de la capitale.


Prochaines nouvelles d'un peu plus au nord....



CHILI - ARGENTINE Punta Arenas - Ushuaïa (12 janvier - 20 janvier 2017)

Nous quittons Punta Arenas au petit matin. Le ferry traversant le détroit de Magellan quitte le port à 9 heures du matin.


2 heures de traversée pour penser à Ferdinand de Magellan découvrant pour la première fois cette voie reliant le Pacifique à l'Atlantique.


A Porvenir, nous roulons pour la première fois sur la grande île de terre de feu.


Paysages de pampa,


peuplés de Guanacos.


Personne sur la piste qui suit le détroit.


Le vent est favorable. Nous sommes bien.


Sur notre droite, une colonie de Pingouins.


Nous passons plus de 2 heures à les observer.


Le soir, nous passons la nuit à Cameron.


Le maire nous propose l'arrêt de bus (2 bus par semaine) où se trouve une cuisine, des toilettes et suffisamment de place pour nous installer.


Le passage de la frontière avec l'Argentine se fait au Paso Bellavista.


Nous réveillons le douanier pour obtenir notre tampon.


Dernière partie de ripio


avant de rejoindre la Nationale 3 qui traverse l'Argentine du Nord au Sud.


Tolhuin. Nous faisons halte à la Panaderia (boulangerie). Connue de toute la Terre de feu et surement de plus loin encore. Nous y arrivons un dimanche. Une queue interminable se presse devant les gâteaux, les chocolats et autres délicatesses. La Panaderia compte plus de clients que d'habitants dans le village.  Pour les cyclistes, c'est une institution. Emiliano, et ses employés, accueillent tous les voyageurs de passage. C'est presque une mission pour eux. A peine avons nous mis les pieds dans la boulangerie que le patron abandonne ses clients, pourtant nombreux, pour nous indiquer l'endroit où poser nos affaires et passer la nuit.


A coté des entrepôts, il a aménagé une salle pour accueillir cyclistes et backpackers.


Peu de monde quand nous arrivons. Mais en fin de journée, nous sommes une dizaine. Bonne ambiance et lieu idéal pour échanger les infos ou prendre des nouvelles d'autres voyageurs.
Nous y restons 2 jours. Régulièrement ravitaillés en pâtisseries par les employés.

Il ne nous reste plus que 100 kilomètres pour rejoindre Ushuaïa. Le vent est favorable et nous pourrions facilement rejoindre la ville dans la journée.

Nous préférons nous arrêter 10 kilomètres avant. Histoire de retarder l'arrivée une dernière fois. Presque une envie de faire demi tour, de ne pas terminer la traversée. Nous savons que pour nous, ce sera la fin d'un rêve et nous n'avons pas envie de nous réveiller...


Le lendemain, nous entrons quand même dans Ushuaïa.


Le compteur affiche 53 171 kilomètres. Nous sommes contents. Nous venons de traverser les 3 Amériques. 20 mois depuis Anchorage.
Pour nous cela reste un jour ordinaire. Trouver un hébergement, aller au supermarché....
Il nous faudra quelques jours, pour réaliser que nous avons atteint ce bout du monde tant rêvé.


Pour le moment, nous nous installons confortablement dans un hostal qui fait camping. Pour une fois, nous prenons l'option lit....

USHUAIA.


Nous y sommes. Nous avons une pensée pour tous nos compagnons de route et les personnes qui nous ont hébergés ou aidés. Nous aurions aimé pouvoir être tous ensemble pour fêter cela.


Peut être pensons nous trop fort..... Car cerise sur le Sundae. Nous retrouvons Sage....


Pour ceux qui nous suivent et qui ont une bonne mémoire, Sage est la première personne que nous avons rencontrée en Alaska. Sage était venue nous accueillir à l'aéroport de Anchorage et  nous avait hébergée pendant quelques jours, nous expliquant son pays, sa région et nous faisant découvrir les environs.


Nous sommes super heureux de la revoir. Elle déménage à notre auberge pour que nous passions plus de temps ensemble. Retrouvailles joyeuses qui clôturent en beauté cette traversée. Incroyable.

2 jours de réelle amitié. Aujourd'hui, Sage a enfourchée son vélo et s'en va vers le Nord du pays. Nous lui avons donné toutes nos infos.


Nous lui souhaitons bon voyage, en se donnant rendez-vous dans un futur que nous espérons proche.

Nous restons encore un peu dans cette ville du bout du monde.


Réparation des crevaisons, changement de rayons, de chaine et pignons pour le vélo de Christian. Soudure pour le vélo de Patricia. La routine quoi....

Il nous faut également préparer la suite. Nous avons mis 13 mois depuis la France pour rejoindre l'Alaska. Il nous est impossible de rentrer directement. Il nous fait donc trouver un itinéraire de retour.

Une idée se profile déjà. Nous en reparlerons plus tard.


Demain nous reprenons la route direction le Nord. Buenos Aires n'est qu'à 3050 km si nous suivons la Ruta 3....

On se retrouve à la capitale.